Il existe, à Paris, un moment assez particulier qui survient souvent en fin de journée. On a travaillé, on a répondu à ses messages, on a fait ce qu’il fallait faire et, quelque part entre 18 heures et 20 heures, une envie apparaît : sortir. Pas nécessairement faire la fête jusqu’au bout de la nuit, pas forcément dîner dans un restaurant, pas même assister à un événement exceptionnel. Simplement sortir, voir du monde, changer d’air, entendre autre chose que le bruit de son appartement et avoir le sentiment que la journée ne va pas se terminer devant le même écran que celui devant lequel elle a commencé.
Et c’est précisément à ce moment-là que Paris peut devenir paradoxale. La ville propose tout. Des concerts, des expositions, des bars, des ateliers, des spectacles, des soirées, des rencontres, des quartiers entiers où il suffit parfois de marcher pour trouver une bonne raison de s’arrêter. Pourtant, cette abondance peut produire l’effet inverse de celui que l’on imagine : lorsqu’il y a trop de choix, on ne choisit plus rien.
On ouvre une application, on regarde quelques stories, on consulte un agenda, on hésite entre trois adresses, on attend de savoir ce que font les autres et, finalement, il est trop tard. Paris était disponible ; nous sommes restés chez nous.
Une bonne sortie commence rarement par un programme parfait
Nous avons tendance à croire qu’il faut avoir prévu quelque chose pour sortir. Un billet, une réservation, un groupe d’amis, une occasion particulière. Pourtant, les meilleures soirées parisiennes commencent souvent de manière beaucoup moins spectaculaire : quelqu’un propose un verre, une table se remplit, une musique nous attire, un lieu nous intrigue, un atelier nous donne envie d’essayer quelque chose, une soirée nous promet simplement de rencontrer des gens et l’on décide d’y aller sans trop réfléchir.
La première décision est souvent la plus importante : ce soir, je sors. Le reste peut rester ouvert.
C’est aussi pour cela que nous croyons aux expériences plutôt qu’aux simples listes d’activités. Une liste vous dit ce qui existe. Une expérience vous donne envie d’y être. Et la différence est considérable. On ne se souvient pas d’avoir « fait une activité » ; on se souvient d’une soirée où quelqu’un a chanté faux, d’une table où l’on a parlé avec des inconnus, d’un concert dont on est sorti dans la nuit, d’un atelier où l’on a appris quelque chose avec des gens que l’on ne connaissait pas en arrivant.
Choisir sa soirée selon son envie, pas selon une catégorie
Il y a les soirs où l’on veut parler et ceux où l’on préfère écouter. Les soirs où l’on a besoin de rire, ceux où l’on veut danser, ceux où l’on veut découvrir, ceux où l’on veut simplement être entouré sans avoir à raconter sa journée. Une ville vivante devrait permettre toutes ces envies, sans obliger chacun à entrer dans une case.
L’aperitivo est parfait lorsque l’on veut commencer doucement, retrouver quelqu’un ou arriver seul sans avoir l’impression d’entrer dans une soirée déjà constituée. On peut rester, prolonger, changer de table, continuer ailleurs. Le karaoké, lui, possède cette vertu rare de supprimer très vite la distance entre les gens : après avoir chanté ensemble, même mal, il devient difficile de rester complètement étranger. Le concert et la danse permettent de partager une énergie sans avoir besoin de parler ; parfois, c’est exactement ce qu’il faut après une journée trop pleine. L’atelier offre un autre type de rencontre, plus progressive, parce qu’il donne aux mains quelque chose à faire et aux conversations le temps de naître. Et puis il y a les sorties collectives, qui ont cette qualité simple de permettre de venir seul tout en arrivant quelque part où d’autres personnes ont elles aussi décidé de sortir.
Le meilleur événement n’est pas forcément celui qui semble extraordinaire sur l’affiche. C’est celui qui vous donne envie de mettre vos chaussures.
Paris n’a pas besoin d’un nouvel agenda. Elle a besoin de désir.
C’est une conviction que nous assumons chez Spritz Connection. Il existe déjà suffisamment de calendriers, de plateformes, de listes et de moteurs de recherche capables de nous expliquer ce qui se passe à Paris. Le problème n’est plus vraiment l’information. Le problème, c’est l’envie.
Nous sommes bombardés de possibilités et pourtant nous manquons parfois de cette impulsion très simple qui transforme une possibilité en expérience vécue. C’est là que nous voulons placer Spritz Connection : non pas comme un répertoire supplémentaire de tout ce que Paris permet de faire, mais comme une marque qui sélectionne, raconte, met en scène et donne envie de vivre certaines choses.
Une bonne sortie doit commencer avant même que l’on ait franchi la porte. Elle commence dans une phrase, une image, une histoire racontée à quelqu’un : « Regarde, ça a l’air bien. On y va ? » C’est ce moment précis qui nous intéresse. Celui où l’on cesse de regarder sa ville comme un catalogue et où l’on recommence à la vivre comme un terrain de jeu.
Et c’est aussi pour cela que Spritz Stories existe. Nous voulons parler de Paris comme d’une ville à vivre, pas simplement comme d’une ville à visiter. Nous voulons raconter les lieux, les habitudes, les rencontres, les petits plaisirs, les soirées qui commencent sans raison et les expériences qui méritent qu’on quitte son canapé. Nous voulons donner envie avant de donner l’adresse.
Parce qu’au fond, une sortie réussie ne se mesure pas au nombre de cases cochées dans un agenda. Elle se mesure à ce qu’elle laisse derrière elle : une découverte, une émotion, une conversation, un rire, une envie de recommencer.
Paris ne manque donc pas de choses à faire. Elle ne manque même pas d’idées. Elle manque parfois simplement d’un peu de désir pour passer à l’action.
Nous avons envie de travailler là-dessus.